pouvoir politiques des données

Réflexion sur le pouvoir politique des données.

Le pouvoir s’acquiert par la capacité à produire une autorité légitime au sein d’une société. Mais comment une simple ressource peut-elle devenir une source de pouvoir ? Le pétrole, par exemple, a longtemps été un levier de puissance. Détenir ou contrôler cette ressource sur un territoire confère un avantage stratégique considérable. L’exploitation pétrolière constitue une manne si importante pour les États producteurs que leur prospérité économique dépend souvent directement de la vitalité du marché pétrolier. Cette prospérité alimente à son tour le progrès social, technologique et culturel, renforçant l’influence diplomatique et géopolitique des nations concernées. Dans Les guerres du pétrole, Benoît Maffei retrace une histoire alternative des relations internationales du XXe siècle et montre comment les enjeux énergétiques ont pesé sur le déclenchement et le déroulement de nombreux conflits. Ces exemples illustrent comment une ressource peut devenir un vecteur de puissance, capable d’influencer la vie politique, économique et sociale des peuples. Aujourd’hui, à l’ère de la révolution informationnelle, une nouvelle ressource concentre les enjeux de pouvoir : les données. L’adage bien connu — « les données sont le nouveau pétrole » — souligne l’idée que, comme l’or noir hier, les données brutes d’aujourd’hui, une fois raffinées, analysées et exploitées, peuvent générer une immense valeur économique et stratégique.Le magazine The Economist titrait ainsi en 2017 : “The world’s most valuable resource is no longer oil, but data”, en s’appuyant sur la domination mondiale des géants du numérique (GAFAM). La force d’un État ne réside donc plus uniquement dans ses matières premières, mais dans sa capacité à produire, maîtriser et diffuser l’information. Les nations prospères sont celles qui savent transformer la donnée en connaissance, la connaissance en action, et l’action en influence. La circulation des données stimule la productivité et l’innovation, comme le soulignait Noah Samara, fondateur de Worldspace : derrière la prospérité et la puissance des nations se trouve toujours l’information. À l’inverse, un peuple privé d’information devient dépendant. Sans connaissance, il ne peut ni innover, ni se défendre, ni participer pleinement à la vie économique ou politique. Le manque d’information nourrit l’exclusion, la manipulation et la pauvreté. L’information, dans une société, est comparable à la sève d’un arbre : pour que l’arbre vive, la sève doit circuler librement. Si le canal se brise, les branches privées de sève se dessèchent. De même, si la circulation de l’information est entravée — par la censure, ou l’inégalité d’accès , certaines parties de la société s’étiolent dans l’ignorance et la dépendance. Les racines de l’arbre absorbent les éléments du sol, comme une société puise dans son histoire, sa culture, l’expérience humaine. L’information est la transformation de ces ressources brutes en énergies intellectuelles et sociales qui remontent vers le sommet : les institutions, les créateurs, les décideurs, pour donner fruits et fleurs : innovation, progrès, justice sociale, etc… Une nation informée est une nation libre… Didier Curvier MALEMBE

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