malembedidier24@gmail.com

pouvoir politiques des données

Réflexion sur le pouvoir politique des données.

Le pouvoir s’acquiert par la capacité à produire une autorité légitime au sein d’une société. Mais comment une simple ressource peut-elle devenir une source de pouvoir ? Le pétrole, par exemple, a longtemps été un levier de puissance. Détenir ou contrôler cette ressource sur un territoire confère un avantage stratégique considérable. L’exploitation pétrolière constitue une manne si importante pour les États producteurs que leur prospérité économique dépend souvent directement de la vitalité du marché pétrolier. Cette prospérité alimente à son tour le progrès social, technologique et culturel, renforçant l’influence diplomatique et géopolitique des nations concernées. Dans Les guerres du pétrole, Benoît Maffei retrace une histoire alternative des relations internationales du XXe siècle et montre comment les enjeux énergétiques ont pesé sur le déclenchement et le déroulement de nombreux conflits. Ces exemples illustrent comment une ressource peut devenir un vecteur de puissance, capable d’influencer la vie politique, économique et sociale des peuples. Aujourd’hui, à l’ère de la révolution informationnelle, une nouvelle ressource concentre les enjeux de pouvoir : les données. L’adage bien connu — « les données sont le nouveau pétrole » — souligne l’idée que, comme l’or noir hier, les données brutes d’aujourd’hui, une fois raffinées, analysées et exploitées, peuvent générer une immense valeur économique et stratégique.Le magazine The Economist titrait ainsi en 2017 : “The world’s most valuable resource is no longer oil, but data”, en s’appuyant sur la domination mondiale des géants du numérique (GAFAM). La force d’un État ne réside donc plus uniquement dans ses matières premières, mais dans sa capacité à produire, maîtriser et diffuser l’information. Les nations prospères sont celles qui savent transformer la donnée en connaissance, la connaissance en action, et l’action en influence. La circulation des données stimule la productivité et l’innovation, comme le soulignait Noah Samara, fondateur de Worldspace : derrière la prospérité et la puissance des nations se trouve toujours l’information. À l’inverse, un peuple privé d’information devient dépendant. Sans connaissance, il ne peut ni innover, ni se défendre, ni participer pleinement à la vie économique ou politique. Le manque d’information nourrit l’exclusion, la manipulation et la pauvreté. L’information, dans une société, est comparable à la sève d’un arbre : pour que l’arbre vive, la sève doit circuler librement. Si le canal se brise, les branches privées de sève se dessèchent. De même, si la circulation de l’information est entravée — par la censure, ou l’inégalité d’accès , certaines parties de la société s’étiolent dans l’ignorance et la dépendance. Les racines de l’arbre absorbent les éléments du sol, comme une société puise dans son histoire, sa culture, l’expérience humaine. L’information est la transformation de ces ressources brutes en énergies intellectuelles et sociales qui remontent vers le sommet : les institutions, les créateurs, les décideurs, pour donner fruits et fleurs : innovation, progrès, justice sociale, etc… Une nation informée est une nation libre… Didier Curvier MALEMBE

Réflexion sur le pouvoir politique des données. Lire la suite »

L’Afrique à l’heure du Big Data : Enjeux et Perspectives

À l’ère du numérique, le monde connaît une prolifération exponentielle des données. L’ensemble des processus liés à la collecte, au stockage, à l’analyse et à la valorisation de ces volumes massifs d’informations constitue ce que l’on appelle le Big Data. Le Big Data, un moteur d’innovation mondiale Aux États-Unis et en Europe, institutions publiques et entreprises privées ont rapidement compris le potentiel du Big Data. Ainsi, la Food and Drug Administration (FDA) utilise les requêtes Google pour repérer les effets secondaires tardifs ou inconnus de certains médicaments. En France, la startup La Bonne Boîte, développée avec Pôle Emploi (France Travail), aide les demandeurs d’emploi à cibler les entreprises susceptibles de recruter, en exploitant les données issues du marché du travail. Ces exemples illustrent la capacité du Big Data à révolutionner la prise de décision, à améliorer la performance économique et à renforcer l’efficacité des politiques publiques. Mais qu’en est-il du continent africain ? Quels sont les enjeux et les perspectives du Big Data en Afrique ? L’Afrique face à la révolution des données En 2018, l’humanité a produit plus de 33 zettaoctets de données. Selon le cabinet IDC, ce chiffre atteindra 175 zettaoctets d’ici 2025. L’Afrique n’est pas en reste : la révolution de la téléphonie mobile a considérablement accru la production de données. Au Congo-Brazzaville, par exemple, le taux de pénétration du mobile dépassait déjà 102 % dès 2016. Ces flux d’informations — géolocalisation, habitudes de consommation, transactions — constituent une ressource stratégique encore sous-exploitée. État des lieux du Big Data Analytics en Afrique Le secteur privé africain a été le premier à adopter les approches analytiques issues du Big Data. Dans des pays comme l’Afrique du Sud, le Kenya ou le Nigeria, près de 40 % des entreprises sont engagées dans un projet Big Data ou en phase de planification. Si tous les secteurs sont concernés, les applications les plus répandues concernent la connaissance client, le suivi de la performance et la transformation du cœur d’activité. Quelques exemples marquants : Ces initiatives, bien que limitées en nombre, démontrent l’intérêt croissant du secteur privé africain pour le Big Data et son potentiel d’impact économique et social. Le grand absent : le secteur public Malgré ces avancées, le secteur public reste en marge de cette révolution numérique. Pourtant, les opportunités sont considérables : amélioration de la gouvernance, lutte contre la fraude administrative, optimisation de la fiscalité, anticipation des crises sanitaires ou économiques… Mais faute d’infrastructures adaptées, de politiques ouvertes en matière de données et de compétences analytiques suffisantes, l’État africain peine à tirer profit de son patrimoine informationnel. Les freins au développement du Big Data en Afrique Plusieurs obstacles majeurs freinent l’essor du Big Data sur le continent : L’information, nouveau levier de puissance Au XVe siècle, la puissance des nations se mesurait à leur capacité maritime. Aujourd’hui, elle se mesure à leur maîtrise de l’information.Comme le disait Noah Samara, fondateur de WorldSpace : « Si vous regardez ce qu’il y a derrière la prospérité des nations, vous trouverez l’information ; derrière la pauvreté des nations, vous trouverez le manque d’information. » L’Afrique a donc un choix à faire : subir la révolution du Big Data ou en devenir un acteur majeur , en valorisant ses données, en formant ses talents et en favorisant la coopération entre secteur public et privé, le continent peut transformer ce défi en une formidable opportunité de développement durable et inclusif.

L’Afrique à l’heure du Big Data : Enjeux et Perspectives Lire la suite »